Au
milieu du XVIIe siècle, l’île d’Orléans est l’un des premiers
territoires à être colonisé en Nouvelle-France. Et pour cause !
La terre y est généreuse, ses larges battures limitent le dur
travail de défrichage et ses forêts regorgent de gibiers. De
plus, le fleuve, tout en assurant une bonne protection contre
les ennemis iroquois, est poissonneux et facilement accessible.
Terre d’accueil de plus de 300 familles souches, l’île d’Orléans
est aujourd’hui considérée comme étant le berceau de l’Amérique
française. Les noms de ces fondateurs figurent en effet en tête
de liste de l’arbre généalogique de la majorité des Américains
de descendance française.
Apprivoiser le Saint-Laurent
Forts
du lien qui les unit au Saint-Laurent, les Orléanais
développeront rapidement une expertise en construction navale.
Déjà à la fin du XVIIe siècle, plusieurs chantiers verront le
jour.Ce n’est toutefois que 150 ans plus tard que la
construction navale deviendra un des moteurs économiques
importants de l’île. Outre les chaloupes destinées au cabotage,
les chantiers produisent des navires marchands, des barques, des
canots de sauvetage et des goélettes.
Les pilotes
Les
Orléanais sont aussi passés maîtres de la navigation sur le
Saint-Laurent. Connaissant les moindres caprices d’un des
fleuves les plus difficiles de navigation au monde, les pilotes
rejoignent dans l’estuaire les bateaux en provenance de l’Europe
et les guident à bon port à travers les subtilités de ce fleuve
capricieux.
La richesse architecturale de l'île
Les
premières habitations étaient faites de bois pièces sur pièces
ou de pierres chaulées. Elles ne comportaient généralement que
deux pièces : une cuisine et une salle commune qui servait aussi
de chambre à coucher. La plupart étaient orientées vers le sud
afin de profiter d’un maximum d’ensoleillement, tout en évitant
le souffle mordant du nordet.
Plus
tard, on assistera à la naissance de la maison de style
québécois, avec sa galerie, son solage et, souvent, sa petite
cuisine d’été. Au milieu du XIXe siècle, on verra s’éveiller un
plus grand souci du détail. Des toits mansardés et les
structures moins massives et plus détaillées qu’inspire le style
anglais apparaîtront
progressivement dans le paysage orléanais.
La générosité des terres de l'île
Depuis
toujours, les terres de l’île d’Orléans ont toujours été
généreuses. Ce monticule de verdure sera d’ailleurs durant de
nombreuses années le grenier de la Capitale. Encore aujourd’hui,
la qualité des fruits et légumes de l’île d’Orléans est sans
conteste une des plus recherchées au Québec.
Chaque été, l’île se transforme en un immense marché en plein
air. Pommes, fraises, légumes et autres produits sont offerts
directement dans les kiosques que les agriculteurs installent le
long de la route. Vous pouvez aussi cueillir, à même les champs,
un peu de la fraîcheur de l’île.
Les trésors du patrimoine religieux
Nous
n’avons qu’à admirer la beauté et l’ampleur des églises de l’île
pour comprendre l’importance qu’avait la spiritualité pour les
premiers colons. Ces temples, érigés à la gloire de Dieu, sont
de véritables chefs-d'œuvre alliant simplicité et grandeur.
À
l’intérieur, on retrouve toute la finesse d’une ornementation
réalisée avec dévotion et savoir-faire. Dans plusieurs des
églises de l’île, on peut aussi admirer des objets liturgiques
anciens dont la beauté est au-delà des mots.
L’omniprésence de la foi de nos ancêtres se manifeste partout
sur l’île.On y retrouve plusieurs chapelles de procession et
croix de chemin élevées pour célébrer le Créateur.